Quels sont les symptômes du burn out parental ?

Se sentir épuisé physiquement et mentalement et découragé dès le réveil à l’idée d’une nouvelle journée à gérer. Avoir l’impression d’être en mode « pilote automatique » sans ne prendre plus aucun plaisir à s’occuper de son enfant. Ne plus se reconnaître dans ses réactions avec lui, se sentir dépassé et culpabiliser. Ca vous parle ?

Ce sont les principaux symptômes du burn out parental qui concernerait entre 5 à 8% de la population d’après Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, 2 chercheuses belges ayant réalisé une enquête sur le sujet.

Alors comment détecter ses symptômes, comprendre comment il s’installe pour pouvoir l’anticiper et l’éviter ? C’est ce que je vous propose de découvrir ici. Et dans un prochain article vous découvrirez comment l’éviter et en parler avec son enfant.

Quels sont les symptômes du burn out parental ?

Comme le burn out professionnel, le burn out parental désigne la brûlure de ses forces et ressources intérieures, mais dans la sphère familiale. L’image de la voiture qui ne peut plus avancer sans essence est parlante pour illustrer ce qui se passe concrètement. Il a 3 grandes caractéristiques, dont 2 seulement suffisent pour parler de burn out parental. Cela peut être compliqué de le déceler car ses signes, comme la fatigue, peuvent concerner tous les parents à un moment donné de leur vie. L’idée n’est pas de paniquer en vous disant que vous en avez tous les symptômes mais les utiliser comme repères et gardes fou si vous ne vous sentez pas épanoui dans votre vie familiale en ce moment. C’est un signal pour mettre en place des changements dans votre vie. Voici ses 3 caractéristiques :

  • Un épuisement physique et mental généralisé, avec l’impression d’être vidé, de ne plus avoir de force ni de ressource pour affronter le quotidien, d’avoir du mal à réfléchir. Cette fatigue est installée et ne part pas malgré du repos. Elle peut aller jusqu’à vous empêcher de vous lever un matin. En affaiblissant vos défenses naturelles, elle peut vous conduire à enchaîner des maux ou maladies diverses comme des maux de dos, de ventre, des insomnies, etc.
  • Un détachement émotionnel vis-à-vis de son enfant : vous essayez de continuer à gérer le quotidien mais en mode « pilote automatique », sans énergie, avec de la distance, moins d’implication qu’avant et sans prendre plaisir à passer du temps avec votre enfant.
  • Une saturation de sa vie de famille et une dévalorisation de son rôle de parent : tout vous agresse, vous avez envie de tout plaquer. Vous ne vous reconnaissez plus dans vos réactions. Vous en souffrez et vous culpabilisez mais vous n’arrivez pas à faire autrement. Cela peut vous conduire à des mots ou gestes que vous regretterez ensuite. Vous vous sentez « mauvais parent », avez un sentiment de honte et d’échec. Tout cela a naturellement des conséquences sur la relation avec vos enfants mais aussi avec votre partenaire si vous en avez un.

Il existe des tests en ligne, dont celui des 2 chercheuses citées ci-dessus, qui permettent d’avoir une idée de là où on se situe * (voir les liens en bas de l’article). Ce n’est bien sûr pas suffisant pour poser un diagnostic mais cela peut permettre de vous faire prendre conscience que vous avez besoin de changer des choses dans votre vie. Je n’ai personnellement pas été jusqu’au burn out mais j’ai senti à plusieurs reprises que j’étais oppressée par le quotidien, que je n’avais plus d’énergie pour faire les choses qui d’habitude me faisaient plaisir et pour passer des moments agréables avec mes filles. Le fait de connaître ces 3 grandes caractéristiques me servent de gardes fou pour essayer de retrouver de l’énergie dans ces moments-là.

Comment en arrive-t-on au burn out parental ?

Il existe des raisons variées pour être concerné par ce syndrome qui touche les hommes et les femmes, quel que soit l’âge de leur enfant (ce qui le différencie du baby blues et de la dépression du post-partum), leur situation personnelle ou financière. Le fait de devenir parent peut déjà en soit être un gros facteur de stress, dès la conception de son enfant (notamment en cas de fausse-couche, de PMA, etc). S’ajoute à cela notre propre enfance qui rejaillit souvent à la surface une fois parent, notre situation personnelle du moment, le quotidien avec nos enfants entre les nuits courtes, les maladies, les trajets divers, les disputes entre enfants s’ils sont plusieurs, les devoirs, etc. Tout cela peut générer du stress en nous, sur une longue période. Je rappelle souvent aux parents que j’accompagne l’ampleur du « métier » de parent qu’on a tous tendance à sous-estimer. C’est un vrai métier à part-entière, une seconde vie à côté de la vie professionnelle. Le burn out s’installera selon la manière dont on arrivera à gérer ce stress et s’il n’y a pas suffisamment de ressources en face pour le compenser et l’alléger. C’est donc une question de déséquilibre entre vos facteurs de stress et vos ressources. Par ressources, j’entends des relais extérieurs, ses propres forces (physiques, matérielles et mentales) mais aussi du temps pour soi, pour répondre à ses besoins du moment, pour pouvoir laisser sortir sa colère, sa peur ou sa tristesse. Tout ce qui permet de remonter son niveau d’énergie, de faire baisser le stress et la pression pour mieux affronter les difficultés du quotidien.

La quête de perfection, le souhait d’être un « parent parfait » peut générer un grand stress chez les parents. Ca vous parle ? Cela pousse à se surinvestir auprès de son enfant, sans se rendre compte qu’on finit par se sacrifier et s’oublier totalement. S’ensuit logiquement de la frustration, de la colère, du stress puis la perte progressive de son énergie qui peut mener au burn out parental. Je reparlerai souvent de cet idéal de perfection, contre lequel j’essaie de lutter, et qui fait beaucoup de mal à tant de parents que j’accompagne ! A partir du moment où vous l’avez repéré, c’est déjà un premier pas vers la guérison 😉 Si vous êtes concerné, j’ai une question à vous poser : qu’est-ce qui vous pousse vers cet idéal ? : le souhait de faire différemment de vos propres parents qui selon vous n’ont pas été assez présents/attentifs/affectueux/compréhensifs, etc. ? L’envie, au contraire, de reproduire ce que vous avez vécu et qui vous semble inatteignable ? La comparaison avec votre entourage ou les réseaux sociaux présentant des parents ayant l’air de tellement bien gérer leur vie de famille ? De ce sentiment profond, dans votre vie d’une manière générale, de ne jamais être « assez », ne jamais être satisfait de vous et d’avoir besoin de faire toujours plus ?

Maintenant que vous avez identifié les symptômes du burn out parental ainsi que ses causes, où vous situez-vous ? La prochaine étape sera de réfléchir aux actions que vous pourriez mettre en place au quotidien pour l’anticiper et l’éviter. Je vous donnerai des pistes dans un prochain article. D’ici-là, prenez soin de vous 😉

* Les 2 chercheuses proposent des tests en ligne pour savoir si vous êtes en burn
out parental : https://www.burnoutparental.com/test-pba
et pour faire le point sur votre équilibre facteurs de stress / ressources : https://www.burnoutparental.com/test-br

 

4 commentaires

  1. J’avoue que je suis particulièrement attentive à tous ces signes parce que je sais que je passe beaucoup de temps avec eux, au détriment du temps passé avec moi-même pour le plaisir, je sais aussi que mes meilleures nuits se terminent à 7h sans congé ni jour férié depuis maintenant 5 ans et demi, je sais aussi que je gère la plupart du quotidien, que ce soit la douche, les devoirs, les activités…Mais tous les matins, à chaque fois que je me réveille, j’ai comme une bouffée d’énergie qui m’arrive en les voyant! Comment peut-on expliquer que certains parents soit à bout quand d’autre avance malgré tout? Tout comme certains sont plus susceptible d’avoir un burn out pro que d’autres! Est-ce à cause de l’histoire de chacun? Est-ce quelque chose de plus physique/physiologique?

    1. Merci pour ton témoignage et bravo pour ton énergie tout en gérant la plupart du quotidien ! Pour te répondre, les études montrent qu’il n’existe pas de « profil type » pour avoir un burn out. Il y a plein de raisons pour accumuler beaucoup de stress en tant que parents mais au final tout se jouera sur la manière dont on arrive à le compenser pour retrouver de l’énergie.

  2. Merci pour cet article qui pousse à prendre du recul sur son quotidien. Je suis devenue maman il y a tout juste 4 mois et je me reconnais dans plusieurs de ces symptômes. Le plus difficile, pour moi, est de réussir à retrouver un équilibre entre l’énergie et le temps consacré à ma fille, et les moments à moi.

    1. Merci pour ton retour ! C’est normal que tu te reconnaisses dans ces symptômes, ton bébé est encore tellement petit. C’est une phase d’autant plus compliquée pour prendre du temps pour soi qu’il est encore trop petit pour différer ses besoins physiologiques. En tout cas c’est super d’en avoir conscience et d’utiliser ces symptômes comme garde fou pour la suite, quand il grandira et que tu pourras plus facilement te libérer du temps. As-tu des relais qui pourraient te soulager un peu ? Dans tous les cas, l’idée est de te concentrer sur ton besoin du moment et de le placer en priorité dès que tu vois une petite fenêtre de tir (quand ton bébé dort par exemple), au lieu de faire des tâches ménagères ou autres. Je te dis ça car c’était mon cas : je n’arrivais pas à m’accorder le moindre temps quand mes filles dormaient bébé car je ne pensais qu’aux tâches ménagères. Si je pouvais revenir en arrière, je ferai clairement autrement en faisant des siestes par exemple 😉

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